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samedi 19 avril 2014

HONORE SAWADOGO, SG SECTION SYNTRAGMI SOMITA/TAPARKO

  "La mine de Tarparko n’est pas en dehors du Burkina"
Publié le mardi 19 avril 2011

Nous vous proposons la réponse du représentant des travailleurs de la mine d’or de Taparko suite à l’arrêt de travail en .... sur le site. Honoré Sawadogo, secrétaire général de la section du syndicat des travailleurs de la géologie et des mines (SYNTRAGMI) répond à nos question.

"Le Pays" : Depuis le 14 avril 2011, le site de la mine d’or de Taparko est paralysé par un mouvement des travailleurs. De quoi s’agit-il exactement ?

Honoré Sawadogo : Effectivement la mine est paralysée ; tout a commencé lors de la grève du 8 avril. Comme vous le savez, le mouvement du 8 avril est une grève d’envergure nationale, les bureaux syndicaux ont appelé les travailleurs à observer le mot d’ordre de grève ; ce qui a été fait. La direction a essayé d’intimider les travailleurs. Elle a bafoué en quelque sorte la dignité même de l’homme noir et particulièrement du Burkinabè. Il y a eu des tentatives de représailles c’est-à-dire que la direction a fait sortir des notes de service qui demandaient également aux travailleurs résidant au camp et voulant prendre par à cette grève de libérer leurs chambres car ils ne seront pas pris en compte dans la restauration. Et comme vous le savez, ceux qui résident au camp sont les cadres, les cadres moyens, les cadres supérieurs, etc. Des résidents du camp ont estimé que c’était une atteinte à leur dignité et ils ont adressé une lettre de protestation à la direction.

Cela s’est-il produit avant ou après la grève ?

C’était après la grève bien sûr. Dans cette lettre, il est exigé des excuses publiques du DRH et de la direction générale.

Des excuses pourquoi ?

Pour avoir interdit aux résidents de dormir et de manger le jour de la grève.

Mais, est-ce que cela a été effectif ?

Ce sont des actes que nous condamnons puisqu’il y a eu intention de nuire. Ils ont d’abord fait sortir une première note de service, ensuite un additif. La direction a traité les travailleurs comme des chiens. Le code du travail préconise que le travailleur soit traité avec dignité et considération. Mais il n’est pas dit de déguerpir, les gens se sont déplacés, ils viennent de Ouagadougou, ils sont logés là-bas. Mais pourquoi faire sortir une note pour dire que le jour de la grève, il faut libérer les locaux ? On ne peut accepter cela en tant que Burkinabè. Ils se sont sentis frustrés. Ceux qui ont signé la lettre de protestation, sont tous des cadres d’au moins 30 ans d’expérience. S’ils sont unanimes et qu’ils écrivent une lettre de protestation, c’est qu’ils sont vraiment indignés.

Est-ce le seul reproche ? Non, il y a une réquisition qui a été faite, ce que nous avons dénoncé. Nous avons dit, que l’arrêté 2009/22 du ministère du travail, indiquait à l’employeur de faire des réquisitions en cas de grève mais ce sont des réquisitions qui concernent des services essentiels. Ce sont des emplois indispensables à la sécurité des personnes et des biens, au maintien de l’ordre public, à la continuité du service public ou à la satisfaction des besoins essentiels de la communauté. Cela veut dire que, tout ce qui intéresse la production devait être arrêté. La mine ne voulait pas cela, elle a élargi son champ d’action. Elle a écrit aux secrétaires généraux des centrales syndicales. On s’est entendu sur les horaires de la grève et sur les heures de décalage, mais quant aux réquisitions, la direction a estimé que l’effectif n’était pas consistant. Elle a décidé de procéder à un élargissement notamment au service de la logistique (par exemple, la fourniture du carburant). La direction a également requis d’autres employés à l’usine. Concernant la santé, la sécurité, la distribution en eau potable, la centrale électrique la restauration, les bus de transport OA, aucune restriction n’a été donnée. En dehors de ces services, celui qui veut, peut aller en grève. Je ne vois pas pourquoi réquisitionner des employés pour faire des opérations de broyage. Parce qu’en dehors des éléments de SOMITA, il y a des prestataires qui sont là, des sous-traitants qui peuvent faire tourner la mine. S’il n’y avait pas ces éléments-là, ces derniers seraient affectés. Le but était de faire tourner l’entreprise. Nous avons donc dénoncé cela, parce que outrepassant l’idée et l’esprit de l’arrêté 2009/22 sur la réquisition. A ce jour, il y a plus de cent lettres d’explication qui ont été distribuées aux travailleurs y compris certains chefs de service, à qui, on refuse le droit de grève. Lors de l’assemblée générale, nous avons fait le bilan. Nous avons d’abord appelé les travailleurs à la retenue. Cela est très important. Les bureaux syndicaux ont appelé les travailleurs à la retenue. Nous avons informé les travailleurs que nous allons faire un écrit pour dénoncer les entraves à la liberté syndicale. Mais, les travailleurs ont dit que nous avons trop écrit. Trop c’est trop, les bureaux syndicaux ont été mis à l’écart et ils ont pris sur eux de régler leurs problèmes. C’est donc le rapport de force qui s’est installé.

Les syndicats ont été débordés ?

Oui, les syndicats ont été débordés.

Mais qu’est-ce qui a poussé à ce débordement ?

C’est la lettre de protestation qui a été introduite auprès de la direction. La direction n’a pas réagi. Elle n’a pas cherché à rencontrer les délégués pour donner suite à notre lettre. Il n’y a pas eu de communication. Les délégués se disent que la direction ne les écoute pas. Le seul problème de la société, c’est le directeur des ressources humaines. Il a eu à mentionner que la grève ne le concernait pas et qu’il fait fi de l’économie du Burkina. De ce fait, il ne voit pas pourquoi grèver et mettre en péril les intérêts de l’entreprise, puisqu’on grève contre l’Etat.

Le DRH a dit que c’est ce qui se passe sur la mine qui le regarde mais pas à l’extérieur...

Mais la mine n’est pas en dehors du Burkina. Vous savez que SOMITA est bien installée au Burkina et SOMITA est une société burkinabè. Ce n’est pas un Etat dans un Etat. S’il dit que la mine est en dehors du Burkina, paye-t-il les taxes ? La mine est située à Taparko à 200 km de Ouagadougou mais, elle doit respecter les textes en vigueur au Burkina. Elle ne peut être au-dessus de la constitution du Burkina, la mine ne peut être au-dessus de notre code de travail. C’est ce qu’on a dénoncé. Imaginons que je sois au Canada, s’il y a une grève et que j’y participe, le Canada doit-il m’expulser ? Ce sont des exemples précis. La mairie de Yalgo pouvait dire à tous ceux qui ont grèvé de quitter la commune, d’aller désormais à Dori. Mais elle ne l’a pas fait. On est resté dormir. Pourquoi quelqu’un qui a le droit de grève, doit-il quitter sa chambre ?

La direction déclare que le règlement ne permet pas aux grévistes de bénéficier des services

Nous n’avons pas connaissance de ce règlement. Les logements permanents du camp ne sont pas des logements d’emprunt. Quand vous êtes un cadre, vous êtes admis au logement sous certaines conditions. Pourquoi tout le monde n’est pas logé ? C’est à partir de certaines catégories. Quand d’office vous êtes nommé ou vous avez un emploi qui vous permet d’être logé, vous intégrez le camp. Que la direction nous montre le règlement qui dit que quand vous n’êtes pas de service vous ne devez pas y loger. La preuve, quand nous revenons de repos, nous venons la veille. Nous ne quittons pas Ouagadougou le matin ou bien le premier jour de travail pour aller à Taparko. Nous nous levons à 6h 30mn pour être au poste. C’est donc une insulte à tous les Burkinabè ; les travailleurs se sont sentis indignés et ont pris les choses en main. Ils ont exigé le départ du Directeur des ressources humaines qui ne respecte pas le Burkina en général et les travailleurs en particulier.

Après l’AG, les travailleurs ont-ils cherché à voir le DRH ?

Effectivement, quand nous avons levé l’AG, un véhicule de la gendarmerie est arrivé. Nous étions tous étonnés. Les travailleurs ne l’y ont pas trouvé. Il avait été exfiltré et les travailleurs sont rentrés tranquillement à la maison. Il n’y a pas eu de casses.

Nous sommes le 15 avril quelle est la situation sur le site ?

La situation est toujours confuse. L’arrêt est toujours d’actualité puisque ce matin, (NDLR 15 avril) je viens de contacter les camarades qui y sont. Les travailleurs disent avoir remis une lettre de revendication à la direction générale et ils attendent la réponse. Tous les secteurs d’activités sont donc paralysés.

Allez-vous sortir de cette crise ?

C’est le dialogue, il faut un minimum de communication. Depuis que les centrales syndicales ont notifié le préavis de grève, nous avons essayé de rencontrer la direction pour en discuter. Nous avons envoyé des correspondances. Au-delà de ces correspondances, nous avons dit, quand bien même nous avons des divergences, nous devrions nous asseoir et discuter. On n’est pas obligé de s’aimer, mais on est obligé de travailler pour l’intérêt de l’entreprise. Aujourd’hui, les travailleurs sentent qu’ils ne sont pas écoutés, les délégués du personnel également et ce, depuis qu’ils ont été élus. Le code autorise les délégués à rencontrer mensuellement l’administration. Mais il n’y a jamais eu de calendrier, tantôt c’est le DRH qui est en repos, tantôt c’est le Directeur général qui est en repos, si bien qu’il n’y a pas d’interlocuteur. Il y a un déficit de communication. C’est ce qui fait que la tension est remontée, il n’y a plus de confiance. Les travailleurs ne se sentent plus considérés, ne s’intéressent plus aux écrits, puisqu’on écrit et rien n’est fait. Il n’y a pas de réaction positive, ce sont toujours des répressions. Seul le dialogue paie, il faut qu’on s’asseye pour échanger. Sinon chacun restera dans son camp.

Le Statu quo n’arrange personne, vous savez que vous êtes des employés, vous avez besoin de salaire, la mine a besoin de produire pour faire ses retours d’investissements.

Effectivement, c’est comme on dit, c’est l’intérêt commun, c’est notre patrimoine. Nous sommes dans le même bateau. C’est parce qu’il y a une entreprise qu’on parle de délégué syndical, de directeur général. Si aujourd’hui, on ferme SOMITA, il n’y aura pas de bureau syndical, ni de direction. En tout cas, de notre côté, le dialogue est une vertu, une qualité. On a essayé au maximum d’éviter le pire. Quand nous avons vu l’arrêté de réquisition, nous avons écrit à la direction pour donner notre point de vue. L’entreprise ne nous avait même pas donné le nombre de travailleurs à réquisitionner. Mais elle pouvait nous dire le nombre d’employés qu’elle voulait réquisitionner et nous aurions apprécié. Dans le contexte de grève, le minimum que nous pouvons faire est de trouver un compromis. Mais quand on veut imposer, établir un rapport de force pour dire qu’on est le plus fort, on aboutit aux troubles. J’aurais appris aujourd’hui que tous les expatriés sont rentrés. Il faut qu’on précise à l’opinion nationale que les travailleurs ne s’attaquent pas aux expatriés de SOMITA. La preuve, ils ont passé la nuit là-bas (13/04/11) quand le DG et le DRH ont quitté le camp, mais ils n’ont pas été agressés. Il faut qu’on le précise, c’est leur stratégie de lutte, puisque ce sont des gens qui connaissent le syndicat, qui ont lutté pour leur pays. Ils ont des stratégies et ils jouent sur la mentalité, la conscience de nos dirigeants. Ils peuvent utiliser tous les moyens de communication pour faire croire à l’opinion qu’ils sont agressés à SOMITA. Nous rassurons les autorités que les travailleurs n’en veulent pas aux expatriés de la mine de SOMITA, ils ont exigé seulement le départ du DRH.

Propos recueillis par Abdoulaye TAO, retranscrits par Rasmané KOMSEIMBO (Stagiaire)

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